Il est courant d’entendre que les panneaux solaires polluent l’environnement. En réalité, l’impact environnemental est largement positif. Il est vrai que la production d’un panneau nécessite beaucoup d’énergie, non seulement pour l’extraction, la transformation et l’assemblage des matières premières, mais aussi pour le transport du point de production jusqu’à la destination. Cependant, l’énergie verte produite par les panneaux pendant des décennies (30-40 ans) et leur excellente recyclabilité (95%) compensent largement le besoin initial énergétique. De plus, moins d’énergie est nécessaire pour donner une seconde vie aux matériaux qui composent le panneau, il n’y a pas besoin de les extraire, il suffit de les transformer.

Composition du panneau photovoltaïque :

Un panneau photovoltaïque se compose essentiellement de :

  • Verre (75 % à 80 % du panneau) ;
  • Aluminium ;
  • Plastique ;
  • Cuivre ou d’argent ;
  • Silicium.

Recyclabilité des matériaux :

Le verre, composant principal des panneaux solaires, est recyclable à l’infini. Ses utilisations sont nombreuses, notamment les bouteilles, la fibre de verre et l’isolation.

L’aluminium est, lui aussi, recyclable à l’infini. Environ 75 % du métal produit depuis 1880 a été recyclé et est toujours utilisé aujourd’hui.

Le plastique est transformé en CSR (combustible solide de récupération) pour alimenter les cimenteries.

Les composants beaucoup plus petits tels que les métaux (argent, cuivre et autres composites semi conducteurs) sont récupérables et recyclables. Certains peuvent être réutilisés pour fabriquer de nouveaux panneaux photovoltaïques. Ils sont séparés mécaniquement et chimiquement des éléments restants pour être dissous et réutilisés.

Le silicium cristallin peut être recyclé pour créer de nouvelles cellules photovoltaïques. Il peut également être fondu et incorporé dans des lingots. Ces lingots de silicium sont utilisés dans la fabrication de divers appareils électroniques car il s’agit d’un matériau semi-conducteur très résistant.

Le recyclage des éléments des centrales photovoltaïques est donc très diversifié.

Seuls 5% de ces composants ne sont pas recyclables. Ce sont pour la plupart de petits connecteurs. Le recyclage en France, quels organismes ? :

Soren est l’éco-organisme agréé par les pouvoirs publics pour la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques usagés en France. Forte de son expertise, elle joue un rôle clé dans la coordination efficace et durable entre tous les acteurs de la filière photovoltaïque française . Avec une approche globale alliant performance technique, environnementale, économique et sociale, ils œuvrent à la structuration d’une filière photovoltaïque toujours plus circulaire.

Répondant à l’appel d’offre de Soren, Envie2E Aquitaine, située à Saint-Loubès en Gironde, dispose aujourd’hui de deux filières de recyclage de panneaux photovoltaïques usagés, abîmés ou légèrement usés. Lorsque les panneaux arrivent chez Envie2E, ils sont d’abord soigneusement inspectés. Les panneaux les plus abîmés sont mis de côté pour être recyclés tandis que les autres vont être réparés pour être réutilisés. Il existe une possibilité de revente de ces panneaux endommagés dans environ 5% des cas. Les modules cassés ou gravement abîmés sont traités par un processus de broyage à sec chez le partenaire d’Envie, Galloo, situé dans le nord.

Envie s’occupe de donner une seconde vie aux panneaux solaires qui sont encore en bon état.

L’entreprise ROSI, en Isère, est chargée de recycler et récupérer le silicium des cellules ainsi que l’argent des fils servant à collecter le courant produit par chaque cellule.

Comment se recycle un panneau photovoltaïque ?

Dans un premier temps, les panneaux sont séparés de leur cadre aluminium et de leur boîte de jonction

Ils passent ensuite par la délamineuse. Une première lame décolle le backsheet (plaque de support) sur quelques millimètres. Les autres lames chauffées permettent de séparer les différentes couches qui forment un module photovoltaïque et de faire ressortir intacte la plaque de verre qui protège l’ensemble.

Il faudra enfin découper les panneaux en lamelles et les passer dans des broyeurs. Au fur et à mesure des différents broyages, il faudra séparer et récupérer les différents éléments dans cet ordre : le verre, les composites, le cuivre et le silicium.

Recyclage a-t-il un coût :

Le recyclage des panneaux solaires des particuliers est financé grâce à l’éco-participation.

En France, les fabricants, importateurs, distributeurs ou propriétaires de panneaux photovoltaïques payent une redevance, liée à l’éco-participation.

Le montant dépend du type de panneau photovoltaïque et de son poids. En moyenne, ces frais sont de 0,70 € par panneau, payés par l’acheteur. Le montant est basé sur le coût actuel du recyclage des panneaux et est révisé annuellement.

Comment recycler ses panneaux ?

La collecte est financée par l’éco-participation et est gratuite pour les propriétaires de panneaux. La récupération et la livraison de matériel usagé respectant les conditions de rappel ne sont pas facturées. Les propriétaires de panneaux photovoltaïques usagés peuvent appeler gratuitement le réseau Soren pour la collecte et le traitement de leurs panneaux. Vous pouvez trouver le point de dépôt volontaire le plus proche parmi plus de 230 disponibles sur le territoire pour déposer vos panneaux photovoltaïques. Les modules seront ensuite expédiés vers 5 sites de traitement.

Comme nous pouvons le voir, les panneaux photovoltaïques peuvent être en grande partie recyclés. Grâce aux progrès en termes d’efficacité de recyclage, nous pouvons espérer se rapprocher d’une recyclabilité totale des panneaux dans les années à venir. Selon les estimations de l’IRENA, le volume cumulé de panneaux solaires à traiter en 2030 sera compris entre 50 000 tonnes et 200 000 tonnes.